perforatrices, BNCI, 1965

Perforatrices sur machines Olivetti à la BNCI en 1965 (Journal de la BNCI, Archives historiques BNP Paribas).

 

Perforatrices 

BNP

Lors de la création de la BNP en 1966, il fut décidé de conserver les méthodes administratives et comptables de la BNCI et de les étendre aux agences de l’ex-CNEP. Dans cette architecture, les agences, qui ne disposaient pas encore d’outil informatique, traitaient les opérations des clients – virements, retraits, remises de chèques etc. – dans un mode extra-comptable. C’est-à-dire que les pièces – débits et crédits – étaient bien enregistrées sur les comptes des clients par le positionniste mais à titre de pure information pour les gestionnaires et naturellement les clients. En fin de journée, l’ensemble des pièces comptables relatives aux opérations étaient rassemblées dans un grand document appelé « journée comptable » et adressées à l’un des centres administratifs régionaux qui se partageaient le territoire. Et c’est au sein de ces centres, dotés des premiers ordinateurs Bull gamma 10 à cartes perforées puis IBM 360 à bandes magnétiques, que s’effectuaient la véritable saisie comptable et la mise à jour de la comptabilité générale de la banque.

Au milieu des années 1970, une première approche de la décentralisation de ces tâches comptables vers les sièges fut entreprise. On dota les agences de machine Olivetti dites « perforatrices » destinées à saisir les pièces comptables – les bleus et les roses – par perforation de bandes papier. Ces bandes étaient ensuite acheminées vers les centres administratifs qui n’avaient plus qu’à les exploiter informatiquement pour mettre à jour les comptes. Ce qui représentait un gain de productivité non négligeable. En agence, ce travail était assuré par des employées – des femmes la plupart du temps- qui, souvent, avaient été positionnistes et qu’on appelait des « perfos » du fait de leur affectation à ces machines. Mais les cartons de position ayant disparu, il fallait dès lors attendre 24h pour avoir les nouveaux soldes des clients. Ceux-ci arrivaient sous forme de listings informatiques qu’on appelait des « chiffriers ». Inutile de dire que la lecture de ces papiers pour connaître les soldes et les opérations des clients était particulièrement incommode, comparée à l’ancienne feuille de position ! Il fallut attendre la saisie directe d’information (la SDO) et l’arrivée des premiers terminaux informatiques dans les agences, au milieu des années 1980, pour que les gestionnaires de comptes retrouvent une situation satisfaisante en ce domaine.

Roger Solomé

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