effectifs

Archives historiques de BNP Paribas, 10Fi621 : Salle des marchés de la BNP à Londres, 1975

Effectifs

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On s’attachera ici à traiter la question des effectifs en Métropole, pour des raisons de fiabilité statistique : en raison des variations assez fréquentes du périmètre du Groupe BNP à l’international et du statut des filiales, les séries de chiffres sont difficilement interprétables hors Métropole (terme utilisé par la banque).

La question des effectifs fut présente dès la constitution de la BNP en 1966 : en additionnant les salariés du CNEP et de la BNCI, le nouvel établissement totalisait en effet 32000 salariés et l’on pouvait naturellement craindre des doublons et, par suite, de sévères répercussions sociales, comme le dénoncèrent les organisations syndicales, mises devant le fait accompli, à l’annonce de la fusion des deux banques.

Il n’en fut rien ; outre le fait que les établissements étaient complémentaires à bien des égards, la création de la BNP s’inscrivait dans un contexte très favorable de bancarisation de la société française, et dans une phase plus générale d’expansion de l’économie. Pour stimuler la concurrence, le ministre des Finances avait libéré la création de guichets pour les banques inscrites (les mutualistes n’étant pas soumis à limitation), entraînant une course à la création d’agences. Malgré des ajustements de départ entre les réseaux BNCI et CNEP, l’on passa en 1966 de 992 sièges permanents en Métropole à 1852 sièges en 1976, soit un quasi doublement 10 ans après, puis à 2008 sièges en 1993, année de la privatisation de la BNP. L’augmentation de la clientèle et des opérations accompagna ce mouvement : rappelons la possibilité offerte aux femmes mariées d’ouvrir un compte sans l’autorisation de leur mari à partir de 1965, la mensualisation des salaires et l’obligation de versement du salaire sur un compte bancaire à partir de 1970, les campagnes en faveur des jeunes…

Archives historiques de BNP Paribas, 9Fi565 : Assemblée générale de la BNP à Versailles, 1986

Les effectifs augmentèrent dès l’année de la fusion, à 32 380 fin 1966 et atteignirent un pic en 1978, à 48 243 unités (le nombre de salariés était légèrement supérieur, compte tenu des temps partiels). Ensuite, principalement sous l’effet de l’informatisation, une lente décrue s’amorça, les recrutements ne compensant pas intégralement les départs : au moment de la privatisation en 1993, l’effectif de la BNP Métropole s’élevait à 42 890 unités. La décrue se fit dans le cadre d’un redéploiement des ressources humaines : il ne pouvait être question de licenciements dans une banque nationalisée et cette tradition se perpétua après la privatisation. Plus touchés par l’informatisation, les centres administratifs furent davantage mis à contribution. Leurs effectifs budgétaires passèrent de 8 679 en 1978 à 5 211 en 1990, soit une décrue de plus de 40%. A l’inverse, les métiers commerciaux ou spécialisés bénéficièrent de ce redéploiement. En 1990, fut mise en place la gestion prévisionnelle des emplois qui permettait d’anticiper départs et besoins et d’organiser la mobilité des salariés : elle fut largement utilisée dans les années suivantes, notamment parce que les départs naturels ne parvenaient plus à compenser les gains de productivité et le nécessaire recrutement en vue du rajeunissement des effectifs.

Archives historiques de BNP Paribas, 10Fi621 : Salle des marchés de la BNP à Londres, 1975

La composition du corps social de la BNP connut aussi une mutation très sensible ; si les « employés » – la catégorie la moins qualifiée selon la classification de la convention collective – composaient encore la moitié de l’effectif en 1974, ils n’en représentaient plus que le tiers en 1984. En 1997, cette proportion était tombée à 5% de l’effectif. Ce mouvement témoignait de la disparition des tâches d’exécution du fait de l’informatisation généralisée, mais aussi de la complexité croissante du métier de banquier et de l’élévation du niveau de qualification à l’entrée dans la banque. Cette diminution du nombre d’employés se fit au profit de la catégorie des « gradés » (les agents de maîtrise) qui représentait 39 % de l’effectif en 1974, puis 53% en 1984 avant de compter pour près des trois-quarts des salariés en 1997. La catégorie des cadres augmenta aussi régulièrement : de 10% de l’effectif en 1974, les cadres passèrent à 22 % en 1997.

Si la composition globale des effectifs se partageait à peu près pour moitié entre hommes et femmes, celles-ci, qui composaient l’écrasante majorité des employées, au sens de la classification bancaire, notamment dans les services de titres, ne se firent que lentement une place chez les gradées et plus lentement encore chez les cadres : en 1982, elles ne représentaient que 15% des cadres et seulement 1% des cadres supérieurs dits « hors classification ». La prise en compte d’un nécessaire rééquilibrage produisit peu à peu ses effets : en 1997, elles représentaient 26% des cadres et 10% des cadres supérieurs. Le rééquilibrage ne devint toutefois significatif qu’à partir du XXIe siècle.

graphique effectif

Roger Nougaret

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