hold up BNP rue Lafayette 1980 (AFP)

Hold up à la BNP rue Lafayette à Paris en 1980 (Photo AFP).

 

Hold up et « casses »

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Au cours des années 1980 et jusqu’aux années 2000, la BNP subit des centaines de hold up. A titre d’illustration, le groupe de Nice – la Côte d’Azur étant particulièrement exposée comme la banlieue parisienne – vit en 1984 la moitié de ses quarante sièges attaqués, certains pour la troisième fois. La seule mesure dissuasive était de placer devant le bureau un vigile en uniforme. Ce que l’on faisait, seulement après le hold up, pour rassurer les employés traumatisés pendant quelques semaines. Mais la généralisation de ce gardiennage permanent à tous les petits sièges du réseau aurait eu un coût jugé prohibitif. Malgré les demandes pressantes des partenaires sociaux, ce fut toujours refusé.
Les attaques de guichets de banque, à la BNP comme ailleurs, ne prirent réellement fin qu’avec la disparition des espèces dans les agences. Mais il fallut pour cela une généralisation massive de l’usage des cartes bancaires et des GAB. DAB et GAB furent eux-mêmes les objets d’attaques à la voiture bélier mais ce phénomène ne prit de l’ampleur qu’à partir des années 2000 et 2010.

Les attaques de salles des coffres – « les casses » – opérées la nuit ou même souvent de jour, furent certes moins nombreuses mais autrement plus dommageables. On pense en particulier au cambriolage de la Société générale de Nice par la bande de Spaggiari en 1978. Quelques années plus tard, en 1986, une tentative identique eut lieu dans une grande agence de Nice de la BNP située à quelques centaines de mètres de là. Fort heureusement cette fois, les systèmes d’alarme fonctionnèrent parfaitement1 et les malfaiteurs prirent la fuite. Cinq mille coffres de clients furent sauvés.

Mais par ailleurs, la BNP n’y échappa pas, de nombreux cambriolages de salles des coffres réussirent. Ils furent souvent l’œuvre d’une bande de malfrats spécialisés que la police appela le « gang des postiches » en raison des déguisements grotesques – masques de carnaval, perruques et autres fausses barbes – dont ils s’affublaient pour opérer. En furent notamment victimes les agences de la BNP de la rue du Docteur Blanche à Paris en 1981 et de Garches en 1986. Les butins étaient parfois considérables car les nouvelles générations de coffres de clients étaient particulièrement vulnérables et faciles à casser. Ainsi en quelques minutes, plusieurs dizaines, voire centaines de coffres pouvaient être fracturés après que le personnel et éventuellement les clients présents eurent été neutralisés.
Les systèmes modernes de protection des salles-fortes mirent quasiment fin à ces casses.

Roger Solomé

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