Un vecteur d’intégration au service du collectif : le modèle paritaire
Affichant une volonté de créer au plus tôt un trait d’union entre les collaborateurs du CNEP et de la
BNCI, l’ASC a été créée dès 1967.
Elle prend le relai de deux structures existantes au sein de la BNCI et du CNEP : le CAS, Club amical et
sportif de la BNCI, dont le fonctionnement va inspirer l’ASC, et le Comptonia-Club au CNEP, dont
l’action était davantage centrée sur Paris.
Son premier comité directeur national se réunit le 19 septembre 1967 pour élire son président et définir les
responsabilités au sein du bureau. Le choix se porte sur une « amicale » plus qu’une association autour de
deux volets toujours valables de nos jours : le sport et la culture.
Dès sa création, son modèle de gouvernance choisi est unique en son genre, à savoir le modèle paritaire.
Douze membres constituent le bureau : six sont nommés par la direction générale, cinq représentent
chacun les principales organisations syndicales au sein de la banque ; le secrétaire du Comité central
d’entreprise y est membre de droit. Ces salariés ne sont pas permanents mais ils se réunissent
régulièrement en marge de leurs activités professionnelles respectives… tout en étant souvent mobilisés
durant les week-ends pour animer tel ou tel tournoi ou challenge.
Le premier comité directeur de l’ASC est caractéristique de l’implication de la direction générale dans les
instances de l’association : y siégeaient les directeurs-adjoints de la direction du personnel et de la
direction de l’administration générale. Alain de Pennart, directeur des Organismes d’administration, en
sera le premier président après avoir assuré le même rôle à la tête du Club amical et sportif de la BNCI,
ancêtre de l’ASC. Lui succéderont Jean-Claude Margraff (responsable de la direction des organismes
administratifs) pour un très long mandat, puis Pierre-Louis Mathieu (qui a eu la charge de la direction de
l’administration générale) entre 1994 et la fusion avec Paribas.
Ce modèle a démontré au fil des ans sa pertinence, sa valeur et sa solidité, puisque 60 années plus tard, il
est toujours en vigueur au sein de BNP Paribas. Qu’ils soient issus de l’encadrement ou du monde
syndical, ces bénévoles constituant les bureaux successifs se sont engagés à chaque époque et en bonne
intelligence entre eux dans ce mouvement au service des salariés et de leurs familles.
Dès 1967, ce modèle de paritarisme concourt à donner de l’autorité à cet organe national. Il donne
les impulsions et gère la vie courante : définir les règlements, répartir les budgets, organiser les
manifestations, arbitrer les différends éventuels.
Congrès national de l’ASC à Nancy en 1993 (Journal Dialogue, Archives historiques de BNP Paribas).
Une action décentralisée
La force de l’Amicale réside également dans sa très grande décentralisation. Elle regroupe en effet autant
d’associations locales qu’il y a de groupes d’agences en métropole (on en comptait 103 en 1991). La
structuration de l’ASC est donc calquée sur celle de la banque : cette articulation au plus près du terrain a
sans doute joué un rôle fort pour favoriser la fusion du « réseau B » (BNCI) et du « réseau C » (CNEP)
lors de la création de la BNP. S’affronter en équipe à travers un sport collectif ou se défier lors d’un
tournoi d’échecs ou de cartes est toujours un bon moyen de renforcer l’esprit collectif. La seule exception
était alors le statut de Paris, qui regroupait dès sa création en une seule structure, très puissante en
l’occurrence, l’ensemble des salariés de la capitale, qu’ils travaillent en agences, dans des activités de
support ou dans les différentes directions de la Banque.
Équipe féminine de tennis de l’ASC Paris et section théâtre de l’ASC Strasbourg, 1982 (Journal Dialogue, Archives historiques BNP Paribas)
Une amicale dynamique à la BNP
L’explosion du nombre d’adhérents a ainsi été impressionnante. Qu’on en juge par les effectifs dénombrés au cours des années 1970 : 16 884 en 1968, 43 367 en 1970, 63 500 en 1974 et plus de 70 000 en 1978.
Les deux derniers chiffres recensés alors peuvent surprendre par leur ampleur, mais il faut rappeler que pouvaient adhérer un salarié comme un retraité ou les membres de leurs familles et ensuite rapprocher ces performances d’une forte dynamique collective à un moment où le recrutement était extrêmement nourri : l’inscription des jeunes entrants à l’ASC était ainsi souvent présentée comme étant assez naturelle, spécialement dans les groupes de province où la compétition avec les voisins trouvait à s’exprimer ailleurs que dans les résultats commerciaux.
Si les chiffres des années 1980 et 1990 ont été sensiblement moindres, avec un peu moins de 50 000 membres en 1990 et autour de 40 000 au moment de la fusion avec Paribas, ils plaçaient encore largement l’ASC de la BNP parmi les grandes associations du monde des entreprises.
Par ailleurs, d’un point de vue financier, il faut noter une évolution significative du budget de fonctionnement qui a permis à l’organisation de développer des manifestations sportives et culturelles de grande ampleur, avec plusieurs centaines de participants. De 2 millions de francs en 1968 son budget atteint 12 millions de francs à la fin des années 1990.
Par-delà ces quelques repères, comment résumer les heures innombrables consacrées par des centaines et des milliers de bénévoles pour faire vivre partout l’ASC sinon par leur volonté de développer des liens extra-professionnels entre les adhérents, quelle que soit la position de chacune ou de chacun dans l’organisation de la Banque. Chaque activité était prise en mains par des gens passionnés, qu’il s’agisse de gymnastique à l’heure du déjeuner, d’entraînements sportifs certains soirs pour préparer les compétitions des week-ends du printemps, de loisirs ou de jeux selon des rythmes propres. Toutes ces occasions ont été à l’origine de rencontres qui, sinon, n’auraient sans doute jamais eu lieu. L’ASC a ainsi renforcé au fil du temps la cohésion au sein des entités comme entre les entités de la Banque. Elle a aussi apporté aux nouveaux venus un support original, rapide et convivial pour s’intégrer.
Gilbert Coulombel